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Le Parti Chrétien-Démocrate en 10 questions 
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Depuis juin 2009, le Parti Chrétien-Démocrate est le nouveau nom du Forum des Républicains Sociaux. Parti indépendant créé en 2002, associé à l’UMP, il est présidé par Christine Boutin. Présent sur 70 délégations départementales, il regroupe 8 500 adhérents et plusieurs centaines d’élus.


1. Pourquoi ce nouveau nom ?

2. Pourquoi ce choix aujourd’hui et pas à la création du parti ?

3. Le Parti Chrétien-Démocrate est-il confessionnel ?

4. Comment concevez-vous les rapports entre religion et politique ?

5. La démocratie chrétienne n’est-elle pas un concept dépassé ?

6. Cela change-t-il quelque chose dans les positions défendues par le parti ?

7. Quelle est la priorité du Parti Chrétien-Démocrate en ce début de XXIe siècle ?

8. Quelle place le Parti Chrétien-Démocrate a-t-il vocation à occuper sur l’échiquier politique ?

9. Existe-t-il des liens entre le Parti Chrétien-Démocrate et des partis européens de la même « famille » ?

10. Pourquoi changer « Forum » en « Parti » ?


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1. Pourquoi ce nouveau nom ?

Cette décision est le fruit d’une longue réflexion. Elle part d’un constat historique : la relation entre la politique et la religion a considérablement évolué dans notre pays depuis 25 ans. Dans les années 80, la laïcité était encore considérée comme l’interdiction des religions. Aujourd’hui se recompose une nouvelle donne plus conforme à l’article 1 de notre Constitution qui stipule que la France est une République indivisible, laïque, qui respecte toutes les croyances et toutes les religions.
Dans le même temps, à droite, beaucoup ont abandonné les valeurs chrétiennes. Philippe de Villiers a passé des alliances désastreuses depuis 1994 et se retrouve seul. François Bayrou a bradé ces valeurs au profit de son ambition. Il s’agit donc d’œuvrer autrement : pour faire peser cet électorat au sein de la majorité présidentielle, il faut porter haut et fort ces valeurs chrétiennes. Il ne suffit pas de préempter un électorat pour en représenter les valeurs !
Le paysage religieux s’est métamorphosé, le monde politique doit en tenir compte. Ce nom est le signe de notre prise de conscience de nouveaux rapports qui s’établissent dans notre société ; il nous permet dans ce contexte d’avoir une identité plus forte et plus explicite, grâce à un affichage simple, clair et transparent.

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2. Pourquoi ce choix aujourd’hui et pas à la création du parti ?

Les temps ont rapidement changé et il est devenu possible, audible et nécessaire de manifester plus clairement la vision de l’homme qui sous-tend nos engagements.
Ce qui n’était pas concevable encore hier le devient aujourd’hui. Si des mouvements laïcistes perdurent çà et là, nous connaissons néanmoins une forme de sécularisation pacifiée qui permet davantage l’affirmation de références. Par ailleurs, notre société manifeste, même paradoxalement, un besoin de repères et de références éthiques.
Cette situation nouvelle a été accompagnée par un certain nombre de signes comme la publication du livre de Nicolas Sarkozy sur La République, les religions, l’espérance, la notion de « laïcité positive » qui en découle ou encore la récente visite de Benoît XVI en France et ses propos sur la laïcité. Dans le même temps, nous ne devons pas négliger la place prise par les musulmans au sein de la société française.
Le président de la République a ouvert une voie. Il affirme que la France a tout à gagner à s’engager dans une « laïcité positive », dans une reconnaissance effective de la place revendiquée des courants spirituels dans la vie publique, de leur concours explicite et visible dans la vie de notre pays. Nous nous reconnaissons dans cette analyse et en tirons les conséquences.

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3. Le Parti Chrétien-Démocrate est-il confessionnel ?

Nous portons les valeurs issues de la tradition chrétienne, mais nous ne sommes pas un parti confessionnel ni le porte-parole de quelque église que ce soit. C’est le cas de tous les partis chrétiens-démocrates au monde. Nous ne nous attachons pas en effet à la croyance personnelle de nos adhérents mais à leur inscription dans une famille intellectuelle, culturelle et politique.
Notre parti assume les idées-forces du christianisme social : dignité de la personne, de la conception à la mort naturelle, rôle irremplaçable de la famille, attention aux plus fragiles, promotion de l’initiative privée et de la liberté… Nul besoin de présenter un certificat de baptême pour partager ces convictions ! Nous demeurons donc plus que jamais ouverts à toute personne quelle que soit sa confession. Nous constatons d’ailleurs que depuis que le parti s’affiche ainsi, de nouvelles personnes le rejoignent. L’affichage explicite permet aujourd’hui d’entrer en dialogue avec tout homme de bonne volonté qui se soucie de la place de l’homme dans la société.
Par ailleurs, notre intention n’est certes pas d’avoir le monopole de l’appartenance chrétienne. L’engagement des chrétiens en politique se déploie dans diverses formations et c’est un bien pour la démocratie.

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4. Comment concevez-vous les rapports entre religion et politique ?

Il ne s’agit pas de mélanger les genres ni de manipuler qui que ce soit. Affirmer notre identité n’oblige personne, hormis nous, qui avons un devoir de cohérence avec les références que nous affichons.
Nous estimons qu’il est nécessaire de développer aujourd’hui dans la sphère publique un discours politique ancré dans des références chrétiennes. Ce discours peut parler à tout homme et à toute femme de ce temps en raison de son universalité. Il ne s’agit donc en aucune manière d’un repli identitaire ou communautariste.
Dans ce nouveau contexte de laïcité positive, nos références doivent être considérées comme un atout et non comme un obstacle. Il serait incompréhensible qu’aujourd’hui aucune formation politique ne se fasse l’écho d’une tradition qui a forgé notre civilisation, tout en demeurant plus que jamais à l’écoute des attentes des hommes et femmes de ce temps.

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5. La démocratie chrétienne n’est-elle pas un concept dépassé ?

Nous ne sommes certes pas les premiers dans l’histoire de notre République à nous référer à l’enseignement social chrétien pour agir en politique. Nous pouvons être fiers de ce qu’ont réalisé avant nous ceux qui se sont réclamés de cette famille intellectuelle et politique, comme Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Europe. Il s’agit donc aussi pour notre parti de s’inscrire dans une histoire, de s’inscrire dans l’histoire. Car assumer notre héritage, c’est reconnaître nos origines et nous donner la possibilité de porter du fruit.
Mais la démocratie chrétienne à proprement parler est un concept marqué par cette histoire. Nous ne voulons pas d’un parti « démocrate chrétien » mais d’un parti « chrétien-démocrate ». La nuance est importante. Il ne s’agit pas de ressusciter quelque chose de poussiéreux ni de retomber dans certaines turpitudes de la démocratie chrétienne. Nous ouvrons une nouvelle page, celle d’un parti à l’ancrage chrétien, engagé dans le débat démocratique, prêt à relever les défis du XXIe siècle.
Les démocrates chrétiens ont su trouver les réponses aux besoins des hommes de leur temps, qu’il s’agisse de la condition des ouvriers au XIXe siècle ou de l’exigence de réconciliation européenne au XXe siècle, à l’issue d’une seconde guerre mondiale dévastatrice. Il ne s’agit certes pas de répéter le passé, mais d’inviter des hommes et des femmes à se lever aujourd’hui pour poursuivre l’aventure et se mettre au service de leurs concitoyens, animés par les mêmes convictions et capables d’imaginer des solutions inventives.

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6. Cela change-t-il quelque chose dans les positions défendues par le parti ?

Absolument rien. Les piliers de la pensée sociale chrétienne sont d’une étonnante actualité en ce début de XXIe siècle. Dignité inaliénable de la personne humaine de la conception à la mort naturelle, primauté de la famille et des corps intermédiaires, attention privilégiée aux plus fragiles d’entre nous, subsidiarité, liberté de marché et intervention de l’Etat régulateur, dignité du travail et liberté d’entreprendre, propriété privée et préoccupation sociale, liberté d’enseignement et laïcité sereine…
Autant de principes, non exhaustifs, qui ont animé nos prédécesseurs et révèlent à nouveau toute leur pertinence dans les temps de mutation profonde que nous traversons.

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7. Quelle est la priorité du Parti Chrétien-Démocrate en ce début de XXIe siècle ?

Après l’action sociale menée par ce courant au XIXe siècle et son rôle en faveur de la paix et de la construction européenne au XXe siècle, la tradition sociale chrétienne, désormais, doit affronter la question de la place de l’homme face aux enjeux financiers, scientifiques, économiques ou environnementaux.
Les mutations, ponctuées de crises telles que celle que nous connaissons, sont pour nous tous autant de défis à relever inlassablement. Aujourd’hui, face à la crise de confiance et la crise des valeurs, sans précédent, que nous traversons, nous dénonçons la dérive vers un libéralisme éthique et philosophique débridé, porté tant dans le camp de nos adversaires politiques que chez certains de nos amis. Mais nous proposons dans le même temps un message et une voie à nos concitoyens, fondés sur l’homme et sa dignité inaliénable.
Un grand nombre de progrès sociaux et politiques ont été, à l’origine, conçus et portés par des hommes et des femmes pétris de pensée sociale chrétienne. Nous invitons tous ceux qui s’y reconnaissent à venir à leur tour relever le défi avec le Parti Chrétien-Démocrate.

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8. Quelle place le Parti Chrétien-Démocrate a-t-il vocation à occuper sur l’échiquier politique ?

Aujourd’hui, en France, plus personne sur l’échiquier politique ne se réclame de la démocratie chrétienne. Le Modem l’a rejetée. Ce que François Bayrou a fait de l’UDF et du corpus de pensée qu’elle représentait est une tragédie pour ce courant de pensée et ceux qui y adhèrent. Le Nouveau Centre non plus ne le revendique pas. Comment concevoir qu’en France, aucune structure partisane ne soit capable de reprendre le flambeau ?
Au sein de la majorité présidentielle, il est donc nécessaire de rendre visible une formation se réclamant comme l’héritière légitime de cette famille, un parti qui rassemble ceux qui se préoccupent de l’avenir de l’homme et de sa primauté, chrétiens ou non.

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9. Existe-t-il des liens entre le Parti Chrétien-Démocrate et des partis européens de la même « famille » ?

Notre pays a une histoire tumultueuse avec la laïcité, mais beaucoup de nos voisins européens vivent ces rapports de manière plus évidente et naturelle. Nous avons tout à gagner à les regarder de près pour nous en inspirer.
L’Europe a été voulue et façonnée par des hommes de notre famille politique. Il est grand temps de nous le rappeler et de revisiter leurs intuitions pour répondre aux défis immenses de l’Europe du XXIe siècle. A cet effet, nous entretenons déjà des relations étroites avec beaucoup de partis européens très proches de nous.
Cet affichage nous permet donc de développer des réseaux : en France avec des mouvements existants, très intéressés par notre démarche, et en Europe avec d’autres partis et organisations.

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10. Pourquoi changer « Forum » en « Parti » ?

Nous affirmons aujourd’hui notre identité et nos ambitions politiques. Cela passe nécessairement par l’utilisation d’un vocabulaire politique : le terme « Forum », s’il convient à notre culture et notre attachement au débat, ne permettait pas cette visibilité. Au sein de la majorité présidentielle, nous sommes reconnus pour notre capacité à susciter le débat. Nous continuerons à jouer ce rôle mais ne nous cantonnerons pas dans une posture de club de réflexion. Nous sommes un parti politique qui a vocation à multiplier rapidement le nombre de ses élus.
Il s’agit donc pour notre parti de se situer de manière beaucoup plus nette comme une force politique. Ce changement de nom correspond à une nouvelle étape de notre développement. Dans le cadre d’une alliance objective avec nos partenaires, il est destiné à servir notre propre intérêt politique comme celui de la majorité présidentielle.
On fera plus attention au positionnement du Parti Chrétien-Démocrate qu’à celui du FRS. Une telle mutation permettra non seulement un meilleur positionnement de notre formation sur l’échiquier politique, mais surtout une meilleure prise en compte de ses exigences et de son potentiel.